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Multiplier les coopérations pour élargir la palette de services dans le périurbain

La thématique des services à la population était récurrente lors de la visite et des discussions en atelier. Elle couvre notamment la question de l’offre commerciale, des équipements publics et de l’accès aux services de santé.

Jusqu’ici, l’arrivée de nouveaux habitants a permis de maintenir voire d’augmenter l’offre de service. Mais quelles sont les évolutions à venir à horizon dix ans ? L’atelier 1 a permis de préciser la stratégie à suivre.

L’enjeu pour demain : faire face à l’évolution des besoins avec des moyens contraints

« Nos nouveaux habitants viennent de la ville, et ils attendent la même qualité de services ». Que ce soit pour le regretter ou s’en réjouir, vous avez été nombreux à signaler cette augmentation de la demande de services. « On n’avait pas mesuré l’ampleur des besoins liés à la petite enfance » reconnait le Maire de Saint-Lyé après l’ouverture du site multi-accueil.
Plusieurs communes ont des projets d’extension de leurs écoles et/ou de leur centre de loisir. D’autres mettent en place des activités intergénérationnelles pour éviter l’effet village-dortoir. « Pour intéresser les habitants il faut des choses de qualité, sinon ça ne fonctionne pas. Du coup nous avons décidé de rémunérer des intervenants quand on n’avait pas de bénévole ».

Non seulement la demande de service augmente, mais elle varie dans le temps. La construction de nouveaux lotissements attire de jeunes ménages avec enfants, ce qui a des répercussions sur les crèches et les écoles. Mais dans dix ans les enfants auront grandi, et les besoins seront autres. « La population augmente par plateau » affirme un élu, « on doit sans cesse réagencer l’organisation des équipements pour que tout rentre ». Elle est aussi différenciée selon les publics. Même si l’intergénérationnel reste un objectif partagé, les besoins en commerces et en équipements des seniors ne sont pas les mêmes que ceux des actifs ou des jeunes.

A cette évolution s’ajoute une incertitude sur l’équilibre financier du service, tant du côté des équipements publics (avec la baisse des dotations) que des services privés (avec l’impératif de rentabilité).
Les commerces sont ainsi confrontés à la concurrence des hypermarchés localisés autour de la rocade et à la croissance du e-commerce. « Les petites épiceries deviennent surtout des solutions de secours quand on n’a pas moyen d’aller plus loin ». « Les gens viennent de moins en moins au café, c’est mal vu » s’alarme le gérant d’un bar-restaurant à Verrières. Le cas de la Poste illustre cette problématique. « On a une réorganisation tous les deux ans » témoigne un facteur, et de nombreuses communes voient leur bureau de poste se transformer en relais-Poste.

Avec la volonté de ralentir leur extension urbaine, les communes n’auront plus forcément les moyens suffisants pour réaliser l’ensemble de leurs projets. D’autant que les usagers ne sont pas toujours au rendez-vous. « Les gens réclament des choses mais ensuite ils ne viennent pas » s’agace un élu. « On construit de nouveaux équipements mais les coûts de fonctionnement ne sont pas toujours anticipés » affirme un autre.
Côté professionnel de santé, c’est le mode de rémunération lui-même qui semble incertain, comme l’explique le pharmacien de Saint-Lyé : « Jusqu’ici on était payé au volume de vente. Mais la Sécurité sociale souhaite mettre fin à ce système pour pouvoir nous demander d’autres prestations, comme le conseil aux patients ».

Comment faire face au risque de décalage entre des besoins plus nombreux mais aussi plus fragmentés, et un objectif d’optimisation des dépenses ?

La stratégie à 10 ans : développer les mutualisations

L’augmentation de la demande de services peut aussi être considérée comme une double opportunité pour élargir la palette de services proposés et pour structurer (ou conforter) des centralités au sein de la couronne périurbaine et rurbaine. Cela suppose de développer les coopérations, dans une logique de mutualisation des services et des équipements.

La discussion en atelier a permis de montrer que plusieurs formes de mutualisation doivent cohabiter en fonction des services concernés.

La mutualisation entre les territoires. C’est par exemple le cas pour les équipements sportifs et culturels, comme l’a montré l’exemple de Fontvannes.

DSC00029La coopération entre trois ou quatre communes permet d’unir leurs forces pour se doter d’équipements spécifiques (stade de rugby, centre équestre, médiathèque…) ou pour proposer des services renforcés, avec des animateurs dédiés. Cette logique se retrouve avec la formation de centralités commerciales, qui rayonnent au-delà de la commune. C’est l’exemple du pôle de Buchères où l’ouverture du Carrefour City a entraîné l’arrivée d’autres commerces (un restaurant, un vétérinaire, une station essence…).

La mutualisation entre territoires n’est rendue possible que si elle s’articule avec la question des mobilités, pour s’assurer que ces services soient accessibles. « Pas d’accessibilité, pas de business » rappelle le gestionnaire du Carrefour City, situé le long d’un axe fréquenté. Même son de cloche du côté des gestionnaires d’équipements : « Pour que les usagers viennent, il faut qu’ils puissent se déplacer ».

La mutualisation entre les services. Il s’agit alors de jouer sur la complémentarité entre différents services pour élargir l’offre de proximité proposée. C’est tout l’objectif des futures Maisons de services au public (MSAP), qui ont vocation à regrouper Pôle emploi, CAF, CPAM, GRDF, La Poste, etc.

DSC00026Le témoignage du pharmacien de Saint-Lyé montre que ce type de mutualisation peut aussi reposer sur l’initiative privée : « Au départ j’ai racheté la parcelle pour avoir un parking. Puis ensuite j’y ai implanté un magasin de matériel médical, des infirmiers sont venus, à côté il y a aussi des médecins ».

Le développement des relais-colis dans les cafés révèle que la mutualisation est aussi à l’œuvre du côté des commerces. Suscité par le développement du commerce en ligne, cette activité nouvelle constitue un complément de revenus pour des tabac-presse ou des commerçants. Mais elle suppose d’autres contraintes, comme les horaires d’ouverture ou la disponibilité. « On se dirige de plus en plus vers des espaces multi-services, qui sont aussi des lieux de vie. » Avec des possibilités d’hybridation entre services privés et services publics, les commerces pouvant demain devenir des points relais-administratifs. C’est déjà ce qui est en train de se passer dans le rural plus éloigné.

La mise en réseau. Le cas des bibliothèques a mis en lumière l’existence d’une troisième forme de mutualisation. Il s’agit de maintenir un maillage de proximité tout en augmentant la qualité de services proposés aux habitants. « Avec la mise en réseau des bibliothèques, ce sont les livres qui circulent ! », ce qui permet à tous les habitants de TCM d’avoir accès à l’ensemble des fonds.
Cette logique de mise en réseau pourrait aussi concerner la programmation, pour que chaque antenne municipale puisse accueillir des évènements liés à la lecture. Elle mériterait en outre d’être généralisée pour la vie associative, afin de favoriser le brassage entre les communes. « Même si ce n’est pas facile de dépasser l’esprit de clocher ».

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