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Atelier 1 thématique agriculture

Les pratiques agricoles ont connu de nombreuses transformations depuis les 30 dernières années, c’est un phénomène global et mondial. Autour de Troyes, les effets de ces transformations sont bien visibles et peuvent être accompagnés. Le maraichage a pratiquement disparu, les types d’exploitations actuels sont uniformes. Le développement conjoint de l’urbanisation et de l’agriculture dirige, pour les communes les plus urbaines de l'agglomération, vers des points de ruptures.

L’ENJEU POUR DEMAIN : anticiper et accompagner les transformations des modes agricoles

Bien que la question de relation entre le développement urbain et la pratique agricole se pose presque partout dans les peri-urbains troyens, il existe des enjeux différents selon la situation des communes. Une distinction est par exemple faite entre Creney-près-Troyes, où les conflits d’usages entre agriculteurs et habitants sont de l’ordre du quotidien, et Luyères où c’est encore  « la campagne ».

Un premier enjeu est d’apporter des solutions aux problèmes de voisinage, manifestation d’une incompréhension et d’une méconnaissance des pratiques agricoles de la part des autres habitants.

« L’objet c’est d’être à l’écoute, mais les gens ne se rendent pas compte des difficultés ». « De plus, les agriculteurs subissent une grosse pression médiatique. Il m’arrive de voir des passants qui manifestent leur colère alors que j’épands de l’azote qui est inodore ». « Des liens, j’essaie d'en créer. Lorsque mes enfants étaient petits, j’organisais des arrachages de betteraves avec l’école ».

Photo agricultureAu-delà de la pédagogie (qui peut être rapide à mettre en place), un second enjeu est celui de l’anticipation de la transformation des villages.

La question pourrait être posée ainsi : Quel type de paysage est souhaité pour dans dix ans ? Ou encore : Est-il imaginable de maintenir des exploitations en cœur de village ? 

En effets,  les exploitants semblent être voués à se déplacer à l’extérieur des villages. « A Creney, il n’y a plus que 4 agriculteurs dans le bourg, les autres sont sortis ». Les raisons qui poussent à ce déplacement ne sont pas empêchées. Les conflits d’usages s’accentuent, l’expansion des villages allonge les distances à parcourir pour les exploitants et augmente les points de conflits avec les habitants du village. Les aménagements sont inadaptés à la circulation des engins agricoles. « Les ralentisseurs, ça a fait un tolé » « mais pourtant il existe une concertation étroitement menée pour ces aménagements  ». « Rue de la République, les aménagements sont jolis mais pas praticables ». « L’augmentation du nombre de voitures par logements, c’est un problème car les voitures sont de plus en plus garées sur les voiries, ce qui gêne le passage des engins agricoles ».

Anticiper la transformation des villages c’est aussi penser les modes d’exploitations dans 10 ans. Quel sera la part des exploitants et des propriétaires, quel type de remembrement agricole, sur quelles surfaces ?

« Il y a 20, ans les exploitations faisaient 70 hectares, aujourd’hui elles en font le double. L’avenir c’est le travail à façon, les terres deviennent tellement chères qu’il y aura bientôt plus d’exploitants que de propriétaires. L’exploitation familiale va devenir une gestion de rentier. »

LES STRATEGIES A 10 ANS

Diversification de l’agriculture

Se projeter dans un avenir à 10 ans est un exercice connu pour l’agriculteur exploitant. L’investissement se mesurant sur le long terme. Cet investissement perd de l’intérêt lorsqu’il n’y a pas de reprise de l’exploitation par un membre de la famille. « Se projeter dans 20 ans se fait déjà, c’est le cas, lorsqu’on décide de mettre des panneaux solaires ; moi je me suis posé la question car je serai la dernière génération ».

Accompagner les transformations de l’agriculture, c’est plus de pédagogie sur le fonctionnement de l’agriculture industrielle. « Il faudrait aller plus loin que la charte de bon-voisinage ». « Il faudrait faire de la pédagogie auprès des écoles sur tout le processus agro-alimentaire, expliquer par exemple d’où vient le sucre, ses étapes de transformation, du champ d’à côté au bonbon de l’épicerie ». Cette pédagogie pourrait aussi être un sujet pour la prochaine candidature à l’agenda 21.

Parallèlement, l’accompagnement de la diversification des modes agricoles est en cours. Cela a beaucoup été décrit lors de l’atelier.

La nouvelle génération d’agriculteurs reprenant l’exploitation familiale commence à diversifier les cultures, accordant une place au maraichage. 

Les communes de Torvilliers, Messon et Saint-Germain sont précurseurs en termes de maraichage. A Saint-Germain, 6 hectares ont été vendus à la fondation Terre de Liens (projet d’insertion professionnelle).

Ces initiatives pourraient être favorisées plus largement. Bien que les céréaliers ne puissent pas se reconvertir facilement en maraichers (« ce sont deux métiers différents »). Pourtant ceci conduirait à penser le maraichage comme un composant d’aménagement du territoire territorial. Prévoir la localisation de ces zones de maraichage, c’est aussi favoriser l’agriculture de proximité ainsi que consolider les réseaux de petits producteurs. « Ne pourrait-on pas prévoir des zones dédiées aux maraichages en sortie de village ? ».

Inventer des nouveaux espaces pour les exploitations agricoles et des nouveaux usages pour les bâtiments agricoles en centre bourg

Le mouvement actuel de déplacement des exploitations agricoles hors des centres-bourg permet d’apaiser les conflits d’usages entre agriculture et fonctions résidentielles du périurbain. Mais ce mouvement a aussi tendance à accentuer l’effet « commune dortoir » en éloignant la production des centres.

Ce mouvement pose aussi deux questions d’aménagement :

  • Que faire des bâtiments agricoles en centre bourg ayant souvent une valeur patrimoniale pour la commune ? Les reconvertir en logement ou en équipement ?...
  • Comment garantir la qualité architecturale et paysagère des communes péri-urbaines si les exploitations agricoles construisent de plus en plus de grands bâtiments agricoles en dehors des centres ?

Creney-près-Troyes a prévu dans son PLU une zone agricole qui pourrait servir à la construction de zone de stockage, et de parking pour le matériel agricole.

L’expansion de cette pratique est à anticiper. Les formes architecturales, la mutualisation des lieux de stockage, leur interaction avec les centres-bourg reste à inventer.

 

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